Confronté à la mobilisation des syndicats, des étudiants et de la gauche contre son projet de contrat première embauche (CPE), Dominique de Villepin a défendu avec véhémence sa politique de l'emploi devant les députés cet après-midi. Le Premier ministre, qui a fait de la "bataille pour l'emploi" sa priorité, a réaffirmé à cette occasion que le CPE, un CDI réservé aux moins de 26 ans et qui peut être résilié les deux premières années sans justification par l'employeur, est "un contrat anti-précarité".

En réponse à une intervention très critique de François Hollande qui a dénoncé une "première étape du démantèlement général" du droit du travail, Dominique de Villepin a affirmé que " la politique n'était pas de la réthorique " et qu'il fallait " toujours partir de la réalité ". Rappelant les chiffres du chômage des jeunes, il a expliqué qu'en moyenne, un individu ne disposait pas d'un réel emploi avant la trentaine. "Cette précarité a trop duré, a-t-il affirmé, il faut des résultats". "Au cours des huits derniers mois, je vous ai rencontré à plusieurs reprises. M'avez-vous fait une seule proposition sur les jeunes ? Jamais", a-t-il martelé à François Hollande. "Nous avons rendez-vou, tous les mois, pas uniquement en 2007. Nous avons rendez-vous avec les chiffres du chomage. Je prends rendez-vous avec vous à la fin du mois et à la fin de tous les autres mois", a-t-il ajouté, faisant référence à la baisse continue du nombre des demandeurs d'emploi depuis plusieurs mois.

"Tout est ouvert"

Soucieux d'éviter la réédition d'un scénario CIP - en 1994 la fronde étudiante avait entraîné le retrait du "Smic-jeunes" d'Edouard Balladur -, le Premier ministre avait déjà appelé mardi les parlementaires de la majorité à mener un "combat pour la vérité". "Quand j'entends le président d'une importante organisation étudiante nous dire: +il vaut mieux, plutôt que le contrat première embauche, un CDD de deux ans+, quand on sait que dans notre pays le CDD ne peut pas excéder dix-huit mois, on se rend compte à quel point aujourd'hui certains veulent faire croire à nos compatriotes que les vessies sont des lanternes", a-t-il déclaré. La bataille autour du CPE se prépare alors même que le chef du gouvernement de Villepin s'apprête à lancer "au cours des prochains mois" avec les partenaires sociaux la troisième étape de la bataille pour l'emploi, centrée sur une "réforme globale du contrat de travail".

Dans un entretien au Nouvel Observateur à paraître jeudi, il n'exclut aucune piste. "Contrat unique, fusionnant CDD et CDI, ou contrats différenciés (...), tout est ouvert". Le contrat de travail unique "n'est pas d'actualité", a-t-on déclaré mercredi dans son entourage, démentant des informations du Monde selon lesquelles le gouvernement pourrait lancer avant l'été "un CDI nouvelle formule avec deux ans de période d'essai", sur le modèle du CNE (contrat nouvelles embauches) et du CPE.