Les leaders étudiants restent dans la sphère d'influence du PS
Par Webloguer, mardi 7 février 2006 à 18:34 :: News :: #31 :: rss
Le contrat première embauche (CPE) remet leurs organisations sur le devant de la scène. Et constitue une sorte de baptême du feu pour une génération de responsables étudiants et lycéens.
Ce sont en effet de nouvelles têtes qui dirigent ici l'UNEF (étudiants), là l'UNL ou encore la FIDL (lycéens). Des jeunes peu connus certes, mais pas bizuths : la plupart ont fait leurs classes dans les protestations contre la réforme LMD (Licence-master-doctorat), les projets de Luc Ferry sur l'autonomie des universités, ou, surtout pour les plus jeunes d'entre eux, la loi Fillon de l'hiver 2005. Bruno Julliard, le président de l'UNEF, 25 ans, s'amuse à dater son premier engagement de 1998, lorsque lycéen au Puy-en-Velay, il manifestait contre... Claude Allègre, ministre de l'éducation nationale du gouvernement de Lionel Jospin.
Tous aujourd'hui disent vouloir se distinguer de leurs aînés et entretenir leur autonomie vis-à-vis des partis de gauche. Et plus particulièrement du PS dont l'UNEF et les deux syndicats lycéens sont, depuis des années, dans la zone d'influence.
S'il ne nie pas son appartenance partisane, Bruno Julliard affirme ainsi avoir rendu sa carte du PS, au moment de son élection, en juillet 2005, par souci de clarté. "L'UNEF d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier, indique-t-il. Avec le PS, on peut se retrouver politiquement. Pour autant, il y a une autonomie totale des décisions prises. C'est une différence très importante par rapport aux années 1990. Ce n'est pas Julien Dray qui décide des dates des manifs."
"GRANDS FRÈRES"
L'UNEF n'en reste pas moins très sensible aux batailles de courants qui agitent le PS. Et si les "grands frères" d'aujourd'hui sont moins directifs, ils ne sont pas absents. Bruno Julliard incarne "la majo de la majo" — comprendre la majorité de la majorité — acquise aux partisans d'Henri Emmanuelli. Les leaders du mouvement de 1986, comme Isabelle Thomas et Pascal Cherki, aujourd'hui respectivement conseillère régionale PS de Bretagne et adjoint PS au maire de Paris chargé de la jeunesse et des sports, y sont très actifs. Tous deux étaient membres de la Gauche socialiste, avant de rejoindre, à l'éclatement de celle-ci, à l'automne 2002, le député des Landes. Et d'entraîner dans leur sillage la "majo" de l'UNEF.
Fait également partie de la majorité le groupe "Nouvelle gauche" — "la mino de la majo", dit-on à l'UNEF —, créé en 1994 par Benoit Hamon, alors président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) et aujourd'hui député socialiste européen. Une partie des Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR) — l'organisation de jeunesse de la LCR — milite dans la tendance minoritaire "Tous ensemble" (9, 5 % des voix) et apporte son soutien à la direction de l'UNEF sur les mobilisations anti-CPE. Une dernière tendance minoritaire — baptisée "Refondation syndicale" ou "tendance Cambadélis", du nom du député de Paris, ancien trotskiste et ex-président de l'UNEF-ID — rassemble les partisans de Dominique Strauss-Kahn et pèse 7, 5 % des voix.
Une petite partie des amis de "DSK" a quitté l'UNEF pour rejoindre la Confédération étudiante, proche de la CFDT, lors d'une scission en mars 2003.
Côté enseignement secondaire, l'Union nationale lycéenne (UNL), présidée par un élève du lycée Montaigne à Paris, Karl Stoeckel, depuis septembre 2005, gravite lui aussi dans l'orbite de Benoit Hamon et de son groupe Nouvelle gauche — également aux commandes du Mouvement des jeunes socialistes. "Il n'y a pas de caporalisation. C'est une logique d'influence plutôt qu'un enrôlement", défend le député européen. Seule la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), présidée depuis février par Tristan Rouquier, 17 ans, élève de première à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) est restée sous le contrôle du député PS de l'Essonne, Julien Dray, cofondateur de SOS-Racisme et grand organisateur de manifestations dans les années 1990.
Dans le paysage, il faut également ajouter SUD étudiant dans laquelle se retrouvent des jeunes de la LCR ainsi que des libertaires ; la Fédération syndicale étudiante, très hétérogène, qui mêle écologistes, anciens membres du Parti des travailleurs et des communistes "purs et durs" ; la CNT-FAU, des anarcho-syndicalistes.
Isabelle Mandraud et Caroline Monnot Article paru dans l'édition du 08.02.06


Commentaires
1. Le mercredi 8 février 2006 à 12:38, par grrrrr
2. Le samedi 18 février 2006 à 01:33, par jS
3. Le mardi 21 février 2006 à 11:27, par rza
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